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sides:ref:anesthrea:item_131:definition

1. Définitions

La douleur est définie par l’association internationale pour l’étude de la douleur (International Association for the Study of Pain, IASP) comme « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à un dommage tissulaire présent ou potentiel, ou décrite en termes d’un tel dommage».

Classification selon le temps

On distingue la douleur aiguë qui est le symptôme d'une lésion aiguë, de la douleur chronique, qui est une maladie à part entière (Tableau 1). On parle de douleur chronique, quelles que soient sa topographie et son intensité, lorsqu’elle présente plusieurs des caractéristiques suivantes [1]:
- une évolution depuis plus de 3 mois,
- la persistance ou récurrence de la douleur,
- une réponse insuffisante au traitement,
- une altération significative et progressive du fait de la douleur, des capacités fonctionnelles et relationnelles du patient dans ses activités de la vie journalière, au domicile comme à l’école ou au travail.

Classification selon le mécanisme physiopathologique

Douleurs par excès de nociception

Elles sont le plus souvent aiguës. Elles correspondent à l'activation du système nociceptif par stimulation excessive des récepteurs périphériques (terminaisons libres des fibres de petits calibres A-delta et C). La douleur trouve son origine dans l’inflammation résultant de la libération de diverses substances secondaire à une lésion tissulaire et dont un bon nombre sont neuroactives. Elles correspondent donc aux douleurs inflammatoires.

Douleurs neuropathiques

Elles sont secondaires à des lésions nerveuses, et sont souvent chroniques. Les douleurs neuropathiques sont des douleurs liées à l'atteinte lésionnelle du système nerveux, périphérique ou central. Elles apparaissent dans les territoires d'innervation de la lésion nerveuse. Elles présentent la particularité de répondre peu ou pas aux antalgiques usuels et leur prise en charge repose essentiellement sur les traitements spécifiques (antidépresseurs et antiépileptiques).

Douleurs mixtes

Dans de très nombreuses situations, les douleurs de type nociceptif et neuropathique sont associées, comme en postopératoire. Ces douleurs chroniques postchirurgicales persistent plus de deux mois après une chirurgie et sont sans lien avec une complication chirurgicale (infection ou récidive cancéreuse). Leur traitement est difficile. Elles représentent 25% des douleurs chroniques.

Douleurs dysfonctionnelles

Ici on retrouve un ensemble de syndromes douloureux chroniques qui ne sont liés ni à des lésions nerveuses ni à un processus inflammatoire clairement identifié. Elles peuvent impliquer une dysfonction des contrôles inhibiteurs descendants (CIDN). Exemple, la fibromyalgie, la glossodynie ou le syndrome douloureux régional complexe (algodystrophie).

Tableau 1 : Principales différences entre douleurs aiguës et chroniques

Caractéristiques de la douleurAiguëChronique
FinalitéUtile, protectriceInutile, destructrice
Signal d’alarmeMaladie à part entière
Durée Transitoire ou < 3 moisRépétitive ou > 3 mois
Evolution Réversible si lésion traitéePersistante, lésions séquellaires ou évolutives
Composante affective AnxiétéDépression autoaggravation spontanée
Attitude thérapeutiqueAntalgiques classiquesTraitements spécifiques et approche biopsychosociale

Item n°131: Bases neurophysiologiques, mécanismes physiopathologiques d’une douleur aiguë et d’une douleur chronique

sides/ref/anesthrea/item_131/definition.txt · Dernière modification: 30/04/2018 13:55 (modification externe)