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3. Evaluation de la douleur chez l’adulte et la personne âgée ou non communicante

Il ne peut y avoir de traitement efficace de la douleur sans évaluation préalable de l’intensité, des caractéristiques et du retentissement de la douleur. L’évaluation doit être répétée dans le temps pour juger de l’efficacité du traitement mais aussi de l’apparition d’éventuels effets secondaires.

Chez l’adulte communicant

Chez l’adulte communicant l’évaluation de la douleur aiguë se fait à l’aide d’échelles quantitatives d’autoévaluation. Ces échelles dites globales et unidimensionnelles (seule la dimension intensité est cotée) sont simples et rapides. Les plus utilisées, sont l’échelle visuelle analogique (EVA), l’échelle numérique (EN) et l’échelle verbale simple (EVS).
L’EVA utilise une règle graduée de 0 (pas de douleur) à 100 (douleur maximale imaginable). Le patient déplace un curseur sur une ligne entre ces deux extrêmes, le chiffre correspondant est lu sur le verso de la règle. L’EN cote la douleur de 0 (pas de douleur) à 10 (douleur maximale imaginable) et l’EVS cote la douleur en 5 catégories : 0 (pas de douleur), 1 (faible), 2 (modérée), 3 (intense), 4 (très intense). Ces échelles sont insuffisantes pour l’évaluation des douleurs chroniques qui doit prendre en compte non seulement l’intensité de la douleur mais l’ensemble des dimensions de la douleur et son retentissement sur la qualité de vie.
Pour cela d’autres échelles, plus complètes sont utilisées pour l’évaluation de la douleur chronique. Parmi les plus utilisées, le McGill Pain Questionnaire (MPQ) ou sa version française, le questionnaire de douleur de Saint Antoine (QDSA) qui explore à la fois l’intensité mais aussi les composantes sensori-discriminative et émotionnelle de la douleur. Le QDSA comporte 61 qualificatifs regroupés en 17 sous-classes. En plus des échelles de la douleur, le bilan et le suivi d’une douleur chronique doivent être complétés par l’évaluation du retentissement de la douleur sur la qualité de vie, la recherche des traits d’anxiété, de dépression et de catastrophisme à l’aide de questionnaires adaptés.
La recherche d’une composante neuropathique à la douleur est essentielle. Ceci s’applique aussi bien aux douleurs aiguës qu’aux douleurs chroniques, même s’il est plus rare que les douleurs aiguës soient neuropathiques. La symptomatologie de la douleur neuropathique associe deux composantes, spontanée et provoquée. La composante spontanée peut être une brûlure, une sensation de froid douloureux ou une décharge électrique. La composante provoquée peut être une hyperalgésie (au chaud, au froid ou à la piqûre) ou une allodynie statique (à la pression) ou dynamique (au frottement cutané). Ces deux composantes spontanée et provoquée peuvent être associées à des sensations anormales non douloureuses comme des paresthésies (picotements, fourmillements, engourdissements, démangeaisons) ou à un déficit sensitif (hypoesthésie, anesthésie).
Le diagnostic de la douleur neuropathique repose sur l’utilisation d’échelles spécifiques (DN4, S-LANSS, NPQ ), dont la plus utilisée en France est le questionnaire DN4. Le questionnaire DN4 comporte 10 items à cocher [2]. Le praticien interroge lui‐même le patient et remplit le questionnaire. A chaque item, il doit apporter une réponse « oui » ou « non ». A la fin du questionnaire, le praticien comptabilise les réponses, 1 pour chaque « oui » et 0 pour chaque « non ». La somme obtenue donne le score du patient, noté sur 10. Si le score du patient supérieur ou est égal à 4/10, le test est positif avec une sensibilité de 82,9 % et une spécificité de 89,9 % (Annexes). Les étiologies les plus fréquentes à l’origine de douleurs neuropathiques sont les radiculalgies (sciatiques, nevralgies cervicobrachiales), le zona, le diabète, les neuropathies périphériques toxiques ou infectieuses (alcool, VIH).

Chez la personne âgée ou non communicante

Chez la personne âgée ou non communicante on a recours à des échelles d’hétéro-évaluation, développées surtout pour la douleur aiguë. La douleur chronique est extrêmement difficile à évaluer chez la personne non communicante et il n’existe pas à l’heure actuelle d’échelles spécifiquement validées pour cette situation.
L’échelle Algoplus est simple et adaptée à la douleur aiguë du sujet âgé (Annexes). Elle explore la présence ou l’absence de signes traduisant une douleur sur cinq dimensions du corps, le visage, le regard, les plaintes, l’attitude corporelle et le comportement. Un score ≥ 2 doit entraîner un traitement antalgique. Chez un patient en réanimation, intubé et ventilé, la douleur ne doit pas être oubliée ni confondue avec la sédation. Il existe des échelles d’évaluation de la douleur aiguë, adaptées à ces patients (comme l’échelle BPS ou Behavioral Pain Scale).

Item n°131: Bases neurophysiologiques, mécanismes physiopathologiques d’une douleur aiguë et d’une douleur chronique

sides/ref/anesthrea/item_131/evaluation.txt · Dernière modification: 30/04/2018 13:55 (modification externe)