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2. Réanimation cardio-pulmonaire de base

Identification de l’AC et alerte des secours spécialisés

La RCP doit être initiée le plus précocement possible et poursuivie avec le minimum d’interruption par le (les) premier(s) témoin(s) en attendant l’arrivée des secours spécialisés. Les recommandations de 2010 ont encore simplifié la reconnaissance de l’AC : toute victime inconsciente, ne respirant pas ou respirant anormalement, doit être considérée en AC. Il faut savoir que la présence de « gasps » agoniques, à une fréquence de 5-6/min au cours des premières minutes suivant l’AC, peut être faussement interprétée par les témoins comme étant des mouvements ventilatoires. La prise du pouls (au niveau carotidien ou de tout autre site) est une méthode peu fiable pour confirmer l’absence de circulation, même pour les professionnels de santé, et n’est donc plus recommandée pour établir le diagnostic d’AC.

Il n’existe pas de recommandation spécifique sur le contenu ou la forme de l’alerte à donner aux services de secours. Il est évidemment indispensable de demander à l’appelant de préciser avec le plus d’exactitude possible la localisation de la victime (ville, rue, numéro, code d’entrée, bâtiment, étage, numéro d’appartement…) et les moyens d’y accéder, ainsi que les mesures de RCP éventuellement déjà entreprises (durée de la RCP et/ou utilisation éventuelle d’un DAE).

Réanimation cardio-pulmonaire

Chez l’adulte, l’origine de l’AC étant le plus souvent cardiaque, il faut commencer par les compressions thoraciques et de ne plus perdre de temps à vérifier l’absence de corps étranger au niveau des voies aériennes supérieures, en dehors des situations de sauvetage d’AC asphyxique obstructif évident.

Les compressions thoraciques permettent de générer un débit sanguin pour obtenir une perfusion coronaire et cérébrale. La technique optimale recommandée pour les compressions thoraciques impose une fréquence d’au moins 100/min., avec une amplitude des compressions d’au moins 5 cm chez l’adulte (sans dépasser 6 cm), ou d’au moins un tiers du diamètre antéro-postérieur du thorax chez les nourrissons et les enfants. Le nombre de compressions thoraciques par minute pendant la RCP est un déterminant important du retour à une activité circulatoire spontanée (RACS) et de la survie sans séquelle. Ainsi, il a été montré que le taux de survie est directement corrélé au nombre de compressions thoraciques adéquates réalisées à la bonne fréquence. Enfin, la relaxation thoracique totale après chaque compression doit être assurée avec un temps égal entre compression et relaxation, afin de permettre un remplissage suffisant des cavités cardiaques pendant la phase de relaxation, qui correspond à la diastole de la RCP.

En alternative à la RCP classique, la réalisation de compressions thoraciques seules est recommandée si le premier témoin est réticent à la pratique de la ventilation artificielle. La RCP par compressions thoraciques seules est aussi efficace que la RCP associée à la ventilation artificielle dans les premières minutes suivant la survenue de l’AC non traumatique et non asphyxique chez l’adulte. C’est pourquoi, bien qu’aucune étude n’ait montré que les compressions thoraciques seules étaient moins efficaces que l’association compressions thoraciques + ventilation artificielle, cette dernière association demeure la méthode de choix pour les professionnels, alors que les compressions thoraciques seules sont recommandées pour le grand public.

Le relais des secouristes effectuant la RCP, s’il est possible, doit être effectué en moyenne toutes les 2 minutes avec une interruption la plus brève possible des compressions thoraciques. La pratique des compressions thoraciques étant fatigante, celle-ci est en effet associée à une diminution de la qualité de la RCP avec le temps.

Toute interruption des compressions thoraciques entraîne une diminution de la survie, c’est pourquoi en cas de ventilation manuelle, il est recommandé de réduire au minimum les interruptions pendant les compressions thoraciques et d’éviter l’hyperventilation, elle-même néfaste car augmentant la pression intra-thoracique, ce qui diminue le retour veineux et donc le débit cardiaque. La durée recommandée de l’insufflation est d’environ 1 seconde, sans jamais dépasser 5 secondes pour 2 insufflations successives. L’insufflation doit être lente avec un volume suffisant pour permettre le soulèvement du thorax, et ce quel que soit le mode de ventilation au cours de la RCP (bouche-à-bouche, ventilation au ballon avec ou sans oxygène ajouté). La compression systématique du cartilage cricoïde n’est plus recommandée.

Le rapport entre compressions thoraciques et ventilation est de 30/2 pour un secouriste isolé ou 2 secouristes chez l’adulte, avant contrôle des voies aériennes.

L’analyse de la littérature rapporte très peu de cas de transmission de maladies lors de la ventilation artificielle sans dispositif spécifique. L’utilisation de dispositifs de protection simples permet de réduire la transmission de maladies, mais en pratique elle n’est recommandée que si la victime est connue comme étant porteuse d’une infection grave.

Défibrillation

La FV représente l’étiologie la plus fréquente parmi les étiologies d’AC non-traumatiques, et la précocité de la défibrillation influence directement la survie. L’amélioration de la survie grâce à l’utilisation des DAE a été à l’origine de la généralisation de ces appareils dans les lieux recevant du public, tels que aéroports, gares, sites d’activités sportives, casinos… L’utilisation du DAE par le premier témoin permet d’améliorer la survie des AC extra-hospitaliers d’origine coronarienne, et certaines études ont montré que la disponibilité d’un DAE dans les lieux publics permet une défibrillation plus précoce et une amélioration du taux de survie [3]. A contrario, l’amélioration de survie espérée n’a pas été observée lors de la mise en place de DAE à domicile, car dans ce contexte les AC (60 à 80 % de la totalité des AC) surviennent la plupart du temps en l’absence de témoin.

La priorité à la défibrillation par rapport à la RCP est confirmée. En cas d’AC devant un témoin disposant immédiatement d’un DAE, la séquence réalisation d’une RCP avant l’analyse du rythme suivie de la délivrance du choc n’est pas recommandée, et le choc doit être délivré immédiatement. Dans tous les autres cas d’AC extra-hospitalier, où un DAE n’est pas immédiatement disponible, le premier témoin doit entreprendre la RCP en pratiquant des compressions thoraciques ; le DAE doit ensuite être mis en œuvre le plus rapidement possible dès qu’il est disponible.

L’utilisation du DAE par le grand public est possible en toute sécurité, et les recommandations de 2010 n’imposent pas de formation particulière du grand public préalablement à l’utilisation d’un DAE [4].


Item n°327: Arrêt cardiaque

sides/ref/anesthrea/item_327/bls.txt · Dernière modification: 30/04/2018 13:55 (modification externe)