Wiki-SIDES

Espace des référentiels de spécialités pour SIDES

Outils pour utilisateurs

Outils du site


sides:ref:anesthrea:item_327:introduction

1. Introduction

Les cardiopathies ischémiques représentent la première cause de décès au monde. En Europe, les maladies cardiovasculaires sont responsables d’environ 40 % des décès avant 75 ans. L’arrêt cardio-respiratoire (AC) inopiné, ou mort subite de l’adulte, demeure un problème majeur de santé publique dans les pays industrialisés, qui concerne 40 000 à 50 000 personnes par an en France. L’AC est à l’origine de plus de 60 % des décès chez les adultes atteints de coronaropathie. Le taux de survie à la sortie de l’hôpital est de l’ordre de 5 % quel que soit le rythme initial, mais plus élevé dans le sous-groupe de patients ayant présenté comme rythme initial une fibrillation ventriculaire (FV). Le rythme cardiaque enregistré au décours immédiat de l’effondrement est dans 60 % des cas une FV ; cependant, lors de l’arrivée de l’équipe de secours, médicalisée ou non, l’analyse du premier rythme cardiaque enregistré montre que le taux de FV n’est plus que de 25 à 30 %.

La survie des patients en AC est intimement liée à la précocité et à la qualité de leur prise en charge initiale. Des recommandations internationales pour la prise en charge des AC (ainsi que des situations pouvant y conduire) sont actualisées tous les 5 ans par l’ILCOR (International Liaison Committee on Resuscitation) [1]. De ces recommandations est né le concept de « Chaîne de Survie », dont les 4 maillons représentent les différentes étapes de la prise en charge d’un patient en AC : alerte par le 1er témoin, gestes élémentaires de survie (massage cardiaque externe et assistance ventilatoire), défibrillation, et réanimation spécialisée sur le terrain [2]. Cette chaîne de survie est désormais complétée par un 5ème maillon représentant les soins spécialisés post-arrêt cardiaque (Figure 1). S’il est admis que la rapidité de la mise en place de cette chaîne de survie représente le facteur essentiel de réussite de la réanimation cardio-pulmonaire (RCP), il faut garder à l’esprit que l’absence d’un seul maillon supprime tout espoir de succès.

Figure 1 : Chaîne de survie chez l’adulte. 1. Alerte immédiate au SAMU / service de secours. 2. RCP précoce. 3. Défibrillation précoce. 4. RCP spécialisée. 5. Réanimation post-arrêt cardiaque.

Les recommandations de 2010 ont mis l’accent sur la nécessité de formation du grand public. En effet, le 1er témoin, pierre angulaire de l’initiation de la prise en charge de l’AC, constitue le 1er maillon de la chaîne de survie, et son rôle est donc primordial. Idéalement, tous les citoyens devraient avoir une certaine connaissance et une formation à la RCP, ce qui permettrait de réduire leur anxiété, voire leur panique, ainsi que leur peur de la maladie, de réaliser une RCP incorrecte et/ou provoquer des lésions chez le patient en AC. Tous les soins de base de la RCP, y compris la formation à l’utilisation du défibrillateur automatisé externe (DAE), devraient être enseignés au grand public.

Les personnes non formées ou non entraînées à la RCP peuvent procéder à la RCP par des seules compressions thoraciques, de préférence avec des conseils téléphoniques prodigués par l’opérateur du service de secours sollicité en attendant l’arrivée de l’équipe spécialisée. Chez l’enfant, les secouristes doivent utiliser la séquence qui leur a été enseignée, car il est considéré que le résultat d’une RCP même imparfaite est toujours meilleur que l’absence de toute RCP.

Item n°327: Arrêt cardiaque

sides/ref/anesthrea/item_327/introduction.txt · Dernière modification: 30/04/2018 13:55 (modification externe)