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Item 124 (Imagerie) - Ostéoporose

Item 124 - UE 05 - Ostéopathies fragilisantes

  • Diagnostiquer une ostéoporose, évaluer le risque fracturaire.
  • Argumenter l'attitude thérapeutique devant une ostéoporose et planifier le suivi du patient.
  • Diagnostiquer une ostéomalacie et connaître les principes du traitement d'une ostéomalacie carentielle.

Généralités

L'ostéoporose est une maladie généralisée du squelette, caractérisée par une masse osseuse basse et des altérations de la microarchitecture osseuse, responsable d'une fragilité osseuse exagérée et donc d'un risque élevé de fracture. Les fractures les plus caractéristiques de l'ostéoporose sont vertébrales, du poignet et du col du fémur. Leur prévalence touche 40 % des femmes ménopausées.

Une définition densitométrique de l'ostéoporose caractérise une densité minérale osseuse basse, sous un seuil de - 2,5 DS pour le T-score au niveau des sites lombaires et de la hanche (sauf le triangle de Ward).

Stratégie d'exploration en imagerie

Le but de l'imagerie est de détecter la fracture vertébrale (ou anciennement tassement vertébral), de confirmer sa nature ostéoporotique et non tumorale (myélome ou métastase, voire tumeur vertébrale primitive) ou infectieuse (spondylite) ou ostéomalacique, et de la dater (prise en charge différente si la fracture est récente).

La détection se fait par des radiographies standard de face et de profil de la colonne vertébrale.

La caractérisation permet de déterminer la nature ostéoporotique ou secondaire de la fracture vertébrale. Une clinique mécanique et d'évolution favorable associée à des radiographies standard ne montrant pas de signe de lyse osseuse sont le plus souvent suffisantes. Une IRM est indiquée en cas de douleur d'horaire inflammatoire, ou de contexte particulier (néoplasie, infection, signes neurologiques associés), même si les radiographies ne montrent pas d'ostéolyse.

La datation de la fracture est déterminée par l'IRM ou la scintigraphie osseuse.

Sémiologie

Radiographies standard de face et de profil de la colonne

  • Indications : examen de référence, débrouillage.
  • Diagnostic de fracture vertébrale :
    • perte de parallélisme des plateaux vertébraux ;
    • trois types de déformation des corps vertébraux : cunéiforme, concave ou biconcave ; perte de hauteur globale du corps vertébral (« en galette ») ; trois types de gravité selon l'importance de la perte de hauteur vertébrale : 15-25 %, 25-40 %, plus de 40 %.
  • Éléments en faveur d'une fracture ostéoporotique :
    • déminéralisation homogène et diffuse de l'ensemble des vertèbres (fig. 1) ;
    • fractures vertébrales souvent multiples, de sévérité variable ;
    • localisation sous le niveau de T5, préférentiellement à la charnière thoracolombaire ;
    • déformation symétrique sur le cliché de face ;
    • présence de déformations vertébrales anciennes non évolutives ;
    • pas de bombement du mur postérieur et absence d'ostéolyse de l'arc postérieur ;
    • absence d'ostéolyse du corps vertébral ;
Attention : l'absence de signe de lyse visible sur la radiographie n'élimine pas une localisation secondaire, notamment un myélome.

Fig. 1 Radiographie (profil) de la colonne vertébrale lombaire.

Déminéralisation diffuse des corps vertébraux. Multiples fractures vertébrales avec perte de parallélisme des plateaux vertébraux (flèches).


IRM

  • Indications : si contexte clinique faisant craindre une fracture tumorale ou infectieuse, ou si nécessité de connaître le caractère récent de la fracture.
  • Diagnostic de fracture récente : œdème vertébral : hyposignal T1, hypersignal T2 et prise de contraste après injection de gadolinium (fig. 88.2). Attention : une fracture très récente peut se présenter sans perte de hauteur, avec seulement un œdème visible en IRM, qui est ainsi plus sensible que la radiographie.
  • Éléments en faveur d'une fracture ostéoporotique :
  • absence de masse dans les parties molles paravertébrales ;
  • absence d'atteinte du mur postérieur et de l'arc postérieur ;
  • absence de masse dans l'espace épidural ;
  • présence d'autres déformations vertébrales anciennes (normalisation du signal).

Fig. 2 IRM d'une fracture vertébrale récente de L3.

Anomalie de signal du corps vertébral de L3 (flèche), en hyposignal T1 (à gauche) et en hypersignal T2 (à droite).


Scintigraphie

Elle est indiquée si le contexte clinique fait craindre une fracture tumorale ou s'il est nécessaire de montrer le caractère récent de la fracture.

Radiologie interventionnelle

En cas de fracture récente, et dans un but antalgique, une injection de ciment dans le corps vertébral peut être réalisée sous contrôle radioscopique ou scanner. La procédure s'appelle une vertébroplastie. Son indication est discutée dans l'ostéoporose.

sides/ref-trans/imagerie/item_124/start.txt · Dernière modification: 30/04/2018 13:55 (modification externe)