Wiki-SIDES

Espace des référentiels de spécialités pour SIDES

Outils pour utilisateurs

Outils du site


sides:ref-trans:imagerie:multi-items:item_304:start



Item 304 (Imagerie) - Tumeurs primitives des os

Item 304 - UE 09 - Tumeurs des os primitives et secondaires

  • Diagnostiquer une tumeur des os primitive et secondaire.

Généralités

Les tumeurs osseuses primitives résultent essentiellement de la prolifération de cellules de type osseux, cartilagineux ou fibreux. La tumeur va détruire l'os natif et le remplacer par sa propre production tissulaire. Ainsi, en fonction de la production tumorale, la lésion va être ostéolytique (diminution de la densité radiologique), ostéocondensante (augmentation de la densité radiologique) ou mixte.

Chacune de ces lignées peut proliférer pour former une lésion bénigne (osseuse = ostéome ; cartilagineuse = chondrome, etc.) ou maligne (osseuse = ostéosarcome ; cartilagineuse = chondrosarcome). Un dernier type de sarcome est le sarcome d'Ewing qui est une prolifération tumorale de cellules rondes d'origine non clairement déterminée.

L'ostéosarcome est la tumeur primitive maligne de l'os la plus fréquente. Il siège préférentiellement aux métaphyses, dans 80 % des cas près du genou. Radiologiquement, selon son degré de minéralisation, l'image peut être celle d'une tumeur condensante, lytique, mixte avec réaction périostée fréquente.

Chez l'enfant et l'adolescent, le sarcome d'Ewing est le 2e sarcome en fréquence (pic de fréquence : 5 et 25 ans). Les localisations préférentielles sont les os longs (diaphyse dans trois quarts des cas et métaphyse dans un quart des cas, contrairement à l'ostéosarcome qui est métaphysaire), les os plats (bassin, côtes) et les os tubulaires du pied. On observe une masse des parties molles non minéralisée (contrairement à l'ostéosarcome), presque toujours volumineuse. La lésion osseuse est parfois peu visible (tumeur très infiltrante).

Au bassin, il faudra penser au chondrosarcome devant une lésion ostéolytique contenant des calcifications chez un sujet âgé ou d'âge moyen.

Radiologiquement, les lésions sont classées comme bénignes (ou quiescentes) ou agressives.

Stratégie d'exploration en imagerie

  • Buts de l'imagerie :
  • détecter une lésion osseuse ;
  • préciser sa topographie dans l'os (épiphyse, métaphyse, diaphyse, lésion centrée ou excentrée) ;
  • déterminer son caractère lentement ou rapidement évolutif (tableau 1) ;
  • identifier une matrice = déterminer le type de prolifération cellulaire (osseuse, cartilagineuse, etc.) ;
  • évaluer l'extension intra-osseuse de la lésion ;
  • évaluer l'extension extra-osseuse (dans les parties molles).

Radiographies (fig. 1) :

  • examen de 1re intention devant toute lésion osseuse : lésion ostéocondensante ou ostéolytique, analyse des réactions périostées, recherche d'une interruption corticale ;
  • évaluation de la matrice tumorale (calcifications, ossifications).

IRM (fig. 2) :

  • indispensable avant toute biopsie en cas de suspicion de sarcome sur les radiographies ;
  • évaluation de l'extension intra-osseuse de la tumeur (recherche de skip-métastases des ostéosarcomes ou des sarcomes d'Ewing, lésion tumorale à distance de la tumeur primitive au sein du même os, extension épiphysaire) ;
  • évaluation de l'extension extra-osseuse dans les parties molles et l'articulation.
  • Le rôle du scanner est de préciser la destruction osseuse et la matrice tumorale. Il n'est pas systématiquement nécessaire si les clichés standard apportent les informations utiles.
  • Scintigraphie osseuse et TEP-TDM au FDG ont un intérêt dans le bilan d'extension initial et le suivi thérapeutique des lésions à distance de la tumeur primitive.

Sémiologie

L'agressivité d'une lésion va être évaluée radiologiquement en utilisant plusieurs critères : limite, extension et réaction périostée (voir tableau 1).


Tableau 1 Caractéristiques radiologiques des tumeurs osseuses.

Tumeurs bénignesTumeurs agressives
LimitesNettes
Liséré de condensation
Absentes ou mal définies
ExtensionsBien limitéesRupture corticale
Envahissement des parties molles
Réaction périostéeAbsente
Continue
Unilamellaire
Mutilamellaire
« Feu d'herbe »
« Rayon de soleil »
« Éperon de Codman »

Fig. 1 Ostéosarcome du fémur.

Radiographie du genou de face montrant une lésion mixte ostéolytique et ostéocondensante (flèche) avec une réaction périostée (tête de flèche).


Fig. 2 Ostéosarcome du fémur (même patient que fig. 1).

IRM du genou (coupe frontale pondérée T1) précisant l'extension intra-osseuse (tête de flèche) et l'extension extra-osseuse dans les parties molles (flèche).


sides/ref-trans/imagerie/multi-items/item_304/start.txt · Dernière modification: 30/04/2018 13:55 (modification externe)